Selma, ELLE & Feminism

Hello girls!


Bon, je dois vous l'avouer: j'ai bien failli ne pas pas poster ce billet ELLE. Comme toutes les fins de mois, je suis en retard pour vous parler des différents magazines, notamment des mensuels et des bi-mensuels, alors que j'ai théoriquement plusieurs semaines pour vous en parler. Du coup, je me retrouve dans l'urgence dans la dernière semaine, à devoir parler de plein de trucs alors que je bosse tous les jours et toute la journée. Donc, au moment où j'écris ces lignes, je suis bien fatiguée mais! J'avais très envie de vous parler de ce nouveau numéro de ELLE, axé sur le féminisme ;) Donc, au diable, la fatigue! ;)

On commence avec les célébrités!
Et, bien sûr, ELLE nous parle d'Hillary Clinton, candidate démocrate à la présidence américaine! Et il semblerait qu'elle ait bien l'intention de mettre en avant son statut de femme pour conquérir la Maison Blanche: chose qui surprend, au vu de son parcours et de sa propension à gommer cette "particularité" lors de ses précédentes campagnes. Elle devrait d'ailleurs axer son programme sur les droits des femmes, avec l'instauration d'un congé maternité rémunéré, ou encore l'égalité des salaires. Cela pourrait bien marcher, puisque les baby boomeuses "qui ont manifesté pour l'émancipation" devrait vouloir voir leur héritage conservé et voire même étoffé pour les générations suivantes: et Hillary a besoin du vote des femmes pour espérer l'emporter, comme Obama en son temps. Et pour ne pas mettre les hommes de côté, elle va beaucoup communiquer sur la famille et l'économie! Qu'en pensez-vous? Bonne stratégie ou pas?


Béatrice Schonberg s'exprime également dans l'une des pages de ELLE: auparavant journaliste pour la télévision, elle produit aujourd'hui des documentaires et l'un d'entre eux parle du sexisme en politique. Toutes les femmes, de tous bords, de Marine Le Pen à Cécile Duflot ont été, à un moment donné, confrontées à la misogynie et il faut en parler. Comme dans les métiers, comme en journalisme! Elle-même, par exemple, a dû se battre pour se faire respecter, a parfois profité de la discrimination positive mais a également été obligée de se justifier d'être mariée à Jean-Louis Borloo (et oui, je ne savais pas!): comme si, forcément, elle ne pouvait subitement plus réfléchir par elle-même et ne plus voir les choses qu'à travers les yeux de son mari...Comme si elle ne se définissait plus que par son statut de femme mariée! A part ça, elle a également travaillé sur un documentaire au sujet des femmes résistantes qui se diffusé sur France 3 fin mai et qui a l'air tout aussi passionnant :)



Enfin, Salma Hayek répond également aux questions de la rédaction! L'actrice nous explique que oui, elle se sent féministe, ou plutôt humaniste! Car oui, selon elle, tout le monde doit avoir les mêmes droits, quel que soit sa couleur de peau ou son sexe, et elle a bien raison. Elle a également consacré une partie de temps à la défense du droit des femmes, en allant soutenir les prostituées du Guatemala ou en militant pour la défense du Vawa, un texte qui soutient les victimes de violences conjugales aux Etats Unis et elle fait partie du programme Chime for Change. Elle rappelle également que les droits des femmes sont bafoués partout dans le monde, avec bien sûr des atteintes de niveaux différents en fonction des pays. En tout cas, elle montre une détermination sans faille dans tout ce qu'elle entreprend, et pense que toutes les femmes doivent pouvoir prendre la décision de faire ce qu'elles veulent de leur vie : "les femmes ne doivent pas s'identifier à des victimes". Chacune d'entre nous a en elle ce qu'il faut! :) #cestbeau

On parle ensuite des faits de société?
La rédaction fait tout d'abord un zoom sur les contestations en Chine: et oui, ça peut sembler antinomique, mais des femmes ont tenu à s'exprimer contre les violences faites aux femmes et notamment au sein du couple, dans leur pays. Ces 5 jeunes femmes ont même monté un petit collectif , Féminisme en Action, et distribuent des tracts dans la rue pour sensibiliser la population à leur cause. Sauf que le gouvernement ne voit pas tout ça d'un très bon oeil et 3 d'entre elles ont été arrêtées pour "trouble à l'ordre public". Oui, seulement pour des tracts! L'une d'elles, Li Tingting, avait d'ailleurs déjà été arrêtée il y a 3 ans, pour avoir défilé en robe de mariée tâchée de sang, afin de dénoncer le harcèlement sexuel. Sauf que cette hostilité gouvernementale ne fait que rendre ce mouvement plus populaire, d'autant que toutes les femmes se sentent concernées: 4 femmes sur 10 victimes de violences conjugales...Tant et si bien que finalement les autorités pourraient bien plancher sur une loi en la matière!



Vous avez peut être vu passer des tweets avec le hashtag #JeSuisFéministeQuand: il s'agit d'une opération menée par ELLE, pour libérer la parole autour du féminisme sur les réseaux sociaux. Et surtout rappeler qu'il n'y a pas de honte à être féministe! Des femmes célèbres répondent donc à la question: les filles du groupe Ibeyi se sont senties  féministes quand elles n'ont pas voulu se faire très belles et formatées dans leur dernier clip, tandis que Nora Hamzawi se sent féministe sur scène, quand elle balance ses "énormités". Elsa Zyberstein, elle, se sent pousser des ailes féministes quand elle regarde les infos et apprend les atrocités perpétrées par Boko Haram, par exemple. Mais des hommes aussi répondent! Augustin Trappenard a été saisi par le discours d'Emma Watson à l'ONU qui enjoignait les hommes à soutenir les droits des femmes, tandis que Richard Berry aimerait qu'on arrête de dire de sa fille qu'elle est un garçon manqué, alors qu'elle est juste "tonique et vivante". Alex Lutz, lui, reprend son fils de 8 ans qui tend son assiette à sa maman pour qu'elle le resserve comme si c'était évident, n'hésite pas à se mettre à poil dans les films et se désole de voir les filles clamer leur soutien au féminisme et tout faire à la maison. On le comprend!
Puis, dans son dossier "Féminine et féministe!", ELLE veut définitivement faire oublier l'image de la féminisme hystérique qui ne se lave pas, qui coupe ses cheveux mais pas ses poils. La femme est un être humain sexué, comme l'homme, et doit pouvoir assumer ses formes tout en se battant pour ses droits fondamentaux. Avoir le droit de se faire belle en fait partie et n'est pas si anodin! Tous les diktats sur le corps de la femme, tous les jugements, sont une agression, tout simplement. Comme le disait Virginie Efira dans l'article précédent, "nous sommes assez intelligentes pour décider d'être un objet sexuel si on le désire" ou pas. Et pour répondre le slogan de Mai 68, notre corps nous appartient! La chercheuse Camille Froidevaux-Metterie nous dit également qu'aujourd'hui, on commence à se faire à l'idée que le corps de la femme n'est pas forcément destiné à porter un enfant et que la maternité n'est qu'une "potentialité": le chemin sera encore long pour que l'on accepte que non, le but de toute femme n'est pas d'avoir des enfants, mais au moins, on l'a pris ;) La scientifique pense aussi qu'il n'y a plus une seule forme acceptable d'être une femme aujourd'hui, et c'est une bonne chose. L'exemple le plus flagrant de sa démonstration serait la chanteuse Beyoncé, qui ne renonce à rien: ni à ses droits, ni à l'envie de déambuler en body pailleté sur scène! S'habiller comme on veut est la meilleure manière de faire la guerre au slut shaming et de disposer de notre corps comme on le veut, droit pour lequel nos aînées se sont battues.



ELLE fait également un tour d'horizon du féminisme 2.0, et de ses différentes formes sur la Toile et les réseaux sociaux. Il est vrai que la digitalisation de nos sociétés permet à la parole défendant le droit des femmes de circuler plus facilement et la plupart des jeunes filles de 20 ans, connectées, s'insurgent contre la misogynie. Les Georgette Sand, par exemple, ont milité contre la taxe rose, démontrant que les produits vendus aux femmes sont plus chers que ceux vendus aux hommes, alors qu'ils sont identiques et ce, et sans raison. La réponse de la population féminine (mais pas que) à cette découverte a été telle que'Emmanuel Macron a dû se saisir du dossier et mène actuellement une enquête. On peut également citer le mouvement #StopHarcèlementdeRue qui a par exemple créé des "zones anti-relous" dans les transports en commun! Les filles du mouvement Colère, elles, en ont marre d'être considérées comme des "viandes à viol" et malgré les menaces, continuent à se défendre avec des slogans très percutants, comme "Et ta maman, tu la siffles?" ou bien "Ta main sur mon cul, ma main sur ta gueule". Les féministes de la première heure sont en tout cas ravies de voir qu'Internet a permis aux filles de la rue de prendre la parole et de redonner à leur combat sa dimension populaire qui manquait depuis les années 80 et la politisation du féminisme.
On terminera avec une question un peu épineuse: la question du voile. Et oui, on a très souvent tendance à le voir comme un instrument du machisme mais c'est en fait plus compliqué que ça. En effet, les jeunes femmes interrogées nous disent que porter le voile leur permet de gommer les différences sexuelles et d'être enfin l'égale des hommes ; et elles rappellent que cela ne les empêche pas de faire de longues études et de s'affirmer dans leur domaine de compétences, avec parfois plus de talent que leurs confrères. L'une d'entre elles est même très en colère contre les publicités pour les liquides vaisselle qui ne montrent que des femmes, comme si ce domaine nous était "réservé". Elles expliquent aussi que non, leur famille n'est pas toujours d'accord avec le fait qu'elles se couvrent les cheveux voire le corps et le visage entier. Il faut quand même rappeler que le jilheb et le niqab ne sont pas dans le Coran! Ces femmes expriment donc leur mal-être car la société et parfois même leur propre famille ne comprend pas leur démarche, et elles sont donc rejetées et jugées. Pourtant, si on suit le raisonnement précédent expliquant que l'on doit pouvoir disposer de son corps, le voile ne devrait pas être un ennemi du féminisme...Cela reste en tout cas un vaste sujet à débat: d'ailleurs, vous avez un avis là dessus?





Jolies photos!



Gros bisous et...à samedi ;) 






CONVERSATION

1 commentaires:

  1. Dans plusieurs cultures (chrétienne, juive, musulmane), se couvrir les cheveux est un signe de respect et de soumission à Dieu et ça ne me choque pas du tout. Je comprends que ces jeunes femmes le portent pour revendiquer leur identité religieuse. Par contre, je suis interloquée par leurs arguments : le voile pour gommer les différences sexuelles ? Sérieusement ? pourquoi les hommes n'en portent pas, alors ?

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